"Enseigner, c'est travailler le savoir, pour induire dans un cadre situationnel choisi, un processus cognitif supportant l'apprentissage dont le produit sera en retour institué en savoir." (Conne 1992 p.249)
Corpus des définitions (publiées) des termes et expressions de la recherche en didactique des mathématiques.
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Nicolas Balacheff, CNRS, LIG Grenoble
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2013/10/12
2012/08/25
Savoir
(1) "Lorsque le sujet reconnait le rôle actif d'une connaissance sur la situation, pour lui, le lien inducteur de la situation sur cette connaissance devient inversible, il sait. Une connaissance ainsi identifiée est un savoir, c'est une connaissance utile, utilisable, dans ce sens qu'elle permet au sujet d'agir sur la représentation." (Conne 1992 p.225)
(2) "Le savoir est une connaissance qui contrôle une situation et ses transformations, elles-mêmes inductrices de connaissances. Dans bien des cas savoir, c'est savoir se mettre en situation de mobiliser ses connaissances pour agir." (Conne 1992 p.240)Au sens de la théorie des situations didactiques (TSD)
(3) "Le savoir est le produit culturel d'une institution qui a pour objet de repérer, d'analyser et d'organiser les connaissances afin de faciliter leur communication, leur usage sous forme de connaissance ou de savoir, et la production de nouveaux savoirs." (Brousseau et Centeno note 10 p.176 [pdf])Au sens de la théorie anthropologique du didactique (TAD)
(4) "Autour d'un type de tâches T, on trouve ainsi, en principe, un triplet formé d'une technique (au moins), τ, d'une technologie de τ, θ, et d'une théorie de θ, Θ. Le tout, noté [T/τ/θ/Θ], constitue une praxéologie ponctuelle, ce dernier qualificatif signifiant qu'il s'agit d'une praxéologie relative à un unique type de tâches, T. Une telle praxéologie -- ou organisation praxéologique -- et donc constituée d'un bloc practico-technique [T/τ], et d'un bloc technologico-théorique, [θ/Θ]. Le bloc [θ/Θ] est ordinairement identifié comme un savoir, alors que le bloc [T/τ] constitue un savoir-faire. Par métonymie ; on désigne couramment comme étant un savoir la praxéologie [T/τ/θ/Θ] toute entière, ou même une partie quelconque de celle-ci." (Chevallard 1999 p.229 [pdf primitif])• English :
(1) Savoir
According to the theory of didactical situations
" The classic modeling of a piece of knowledge is that of the standard textbooks of mathematics [...] These texts present what is considered to be the sum of the references to which mathematicians are held to refer in order to establish both the truth and the originality of their results. They thus institute 'the savoirs' -- the reference knowledge of the community of mathematicians. [...]Savoirs are connaissances accepted as references by a subject or a population. [...] They are reputed to be verifiable by anyone who has the necessary competences. In fact, there exist a whole graduation of 'savoirs' determined or attributed to a variety of populations, but not necessarily recognized by others. The savoir are thus a very limited part of the connaissances." (Brousseau et al. 2014 p.197)
Savoir-faire
(1) "Je parlerai de savoir-faire pour ceux de ces savoirs qui s'arrêtent à la situation, à sa transformation, ou si je puis me permettre cette image, ceux dont l'utilité est de se tirer d'affaire. Un savoir-faire identifie l'action d'une connaissance sur la situation par la simple reconnaissance de l'effet de cette action. [...] un savoir-faire est un savoir-pragmatique considéré du seul point de vue des produits objectifs résultant de la transformation d'une situation donnée." (Conne 1992 pp.253-254)
Au sens de la théorie anthropologique du didactique (TAD)
(2) "En toute institution, l'activité des personnes occupant une position donnée se décline en différents types de tâches T, accomplis au moyen d'une certaine manière de faire, ou technique, τ. Le couple [T/τ] constitue, par définition, un savoir-faire". (Chevallard 1997 p.38)
(3) "Autour d'un type de tâches T, on trouve ainsi, en principe, un triplet formé d'une technique (au moins), τ, d'une technologie de τ, θ, et d'une théorie de θ, Θ. Le tout, noté [T/τ/θ/Θ], constitue une praxéologie ponctuelle, ce dernier qualificatif signifiant qu'il s'agit d'une praxéologie relative à un unique type de tâches, T. Une telle praxéologie -- ou organisation praxéologique -- et donc constituée d'un bloc practico-technique [T/τ], et d'un bloc technologico-théorique, [θ/Θ]. Le bloc [θ/Θ] est ordinairement identifié comme un savoir, alors que le bloc [T/τ] constitue un savoir-faire. Par métonymie ; on désigne couramment comme étant un savoir la praxéologie [T/τ/θ/Θ] toute entière, ou même une partie quelconque de celle-ci." (Chevallard 1999 p.229)
Savoir-pragmatique
"La finalité d'un savoir-pragmatique est la transformation du couple connaissance-situation : soit la transformation du milieu qui supporte la situation, soit la transformation des relations du sujet avec ce milieu (et qui définissent cette situation). C'est un savoir en situation, structuré par elle." (Conne 1992 p.253)
Savoir-réfléchi
"Un savoir-réfléchi ne s'arrête pas au seul produit objectif de l'interaction avec la situation (interaction qui implique toujours quelque connaissance du sujet), mais réfléchit la manière dont ce produit a été obtenu, ne s'arrête pas à produire quelque chose mais essaye de connaître ce produit ou encore sa production. [...] C'est toujours un savoir en situation, donc un savoir pragmatique, mais dégagé de l'aboutissement de celle-ci (échec ou réussite, répétons-le)." (Conne 1992 p.254)
Savoir-savant
"La finalité du savoir-savant sera l'organisation et le développement des savoirs eux-mêmes, ou encore la transformation des modèles. Cette organisation a pour effet de relier les situations elles-mêmes. Les savoirs-savants sont des savoirs sur les situations." (Conne 1992 p.255)
2012/07/07
Transposition de savoir
"Il y a transposition de savoir (ou d'usage de la connaissance), lorsqu'un savoir transféré d'une situation à une autre conserve, par rapport à ce nouveau cadre situationnel, son caractère de savoir (c'est-à-dire son caractère reconnu de transformateur de situation). Ce qui se maintient dans ce processus de transposition, c'est ce rapport du savoir sur la situation, et pas la nature de l'usage, ni celle de l'utilité du savoir. La transposition est une altération de la signification des savoirs." (Conne 1992 p.242)
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