Les contributions sont bienvenues soit sous la forme de commentaires à la suite des définitions, soit sous la forme de nouvelles définitions (voir l'encadré ci-contre).

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Las contribuciones son bienvenidas, ya sea como comentarios siguientes definiciones, ya sea como nuevas definiciones (ver cuadro aquí-contra).

Nicolas Balacheff, CNRS, LIG Grenoble

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2013/12/04

Conception

(1) "On voit à travers ces quelques textes, en dépit de l'absence de définition explicite, fonctionner, si l'on peut dire, une conception similaire à la notion de conception : la conception est un objet local, étroitement associé au savoir en jeu et aux différents problèmes dans la résolution desquels il intervient ; elle va constituer un outil, aussi bien pour l'analyse de ce savoir et l'élaboration de situations didactiques que pour l'analyse stricte du comportement de l'élève. Même si les conceptions font l'objet d'une définition autonome, ce qui intéresse le didacticien, visiblement, ce n'est pas de dresser un catalogue fin des conceptions possibles, mais d'étudier l'articulation conceptions-situations dans un apprentissage donné." (Artigue 1991 p.270)

(2) "[...] nous dirons que les conceptions se situent à l'intérieur d'un processus continu d'organisation des nouvelles connaissances de sorte qu'elles soient cohérentes avec les constructions antérieures. Cette construction (la conception), vue comme une tentative de donner du sens à une nouvelle expérience, acquiert un aspect dynamique. En plus, elle peut être floue et plus ou moins stable, c'est à dire elle n'est pas obligatoirement stable, explicite et assez justifiée, comme c'est le cas pour le raisonnement spontané ou le modèle intuitif." (Rouan et Palascio 1994 p.396)

(3) "Une conception est modélisation élaborée par le chercheur. Elle vise à rendre compte de la cohérence perceptible dans les comportements observables d'un élève confronté à un groupe de tâches mettant en jeu le même concept mathématique : tout se passe comme si pour toute les activités concernées, le sujet utilisait cette conception de l'objet en question." (Castella 1995 p.9)

(4) "[Une] conception est [...] l'état d'équilibre d'une boucle action/rétroaction du système [sujet<>milieu] sous des contraintes proscriptives de viabilité [...] Nous appelons problèmes les perturbations du système. Le domaine de validité de la conception, ou sphère de pratique, est constitué de l'ensemble des problèmes que la conception permet de résoudre et qui ne conduisent pas à une rupture de l'équilibre [sujet<>milieu]. Nous appelons opérateur ce qui permet la transformation des problèmes ; ces opérateurs sont attestés par des productions et des comportements. Un système de représentation (langagier ou non) permet l'expression des problèmes et des opérateurs. Enfin, une structure de contrôle assure la non contradiction de la conception et contient au moins sous la forme d'oracles les outils de décision sur la légitimité de l'emploi d'un opérateur ou sur l'état (résolu ou non) d'un problème. Une "conception" est caractérisée par un quadruplet composé de :
- P : un ensemble de problèmes
- R : un ensemble d'opérateurs
- L : un système de représentation
- Σ : une structure de contrôle"
(Balacheff et Margolinas 2005 p.80)

English : Conception

"[...] the word "concept" (sometimes replaced by "notion") will be mentioned whenever a mathematical idea is concerned in its "official" form - as a theoretical construct within "the formal universe of ideal knowledge"; the whole cluster of internal representations and associations evoked by the concept - the concept's counterpart in the internal, subjective "universe of human knowing" - will be referred to as a "conception".
[...] the careful analysis of textbook definitions will show that treating mathematical notions as if they referred to some abstract objects is often not the only possibility. Although this kind of conception, which from now on will be called structural, seems to prevail in the modem mathematics, there are accepted mathematical definitions which reveal quite a different approach. [...] [which] description speaks about processes, algorithms and actions rather than about objects. We shall say therefore, that it reflects an operational conception of a notion. [...] Thus, whereas the structural conception is static (or shall I say, after Frege, 1970, "timeless"), instantaneous and integrative, the operational is dynamic, sequential, and detailed."
(Sfard 1991 pp.3-4) 

Caveat: this definition is given together with examples, the reader must go back to the original publication to check the context. The reference to Frege is: Frege, G.: 1970, 'What is function', in Geach, P. and Black, M. (eds.), Translationfsr om the Philosophical Writings of Gottlob Frege, Blackwell, Oxford.

2013/12/01

Critère de validité

"J'appelle critère de validité une connaissance donnée quand elle sert à l'élève pour la validation dans une phase de conclusion. Ce sont les critères de validité qui permettent le fonctionnement des phases de validation, c'est-à-dire l'autonomie de l'élève dans les phases de conclusion." (Margolinas 1992 p.135)

2013/10/10

État a-didactique

"Je qualifie d'état a-didactique tout état du système didactique dans lequel le maître entretient une relation privée avec un savoir, alors que l'élève est en relation (privée ou publique) avec ce même savoir. Par rapport à l'état didactique initial et l'état non didactique final, l'état a-didactique constitue un état intermédiaire où le maître est présent, mais dans lequel l'élève agit de son propre mouvement. Du point de vue de l'élève, cet état est analogue à l'état non didactique final, car l'élève ne perçoit pas la relation du maître au savoir, qui reste cachée à ses yeux." (Margolinas 1992 p.127)

État didactique initial

"Je qualifie d’état didactique initial un état dans lequel la relation de l'élève au savoir est inexistante, ou bien inadéquate, au regard de la relation privilégiée du maître au savoir." (Margolinas 1992 p.125)

État non didactique

"J'appelle état non didactique un état dans lequel la relation de l'élève au savoir est indépendante de la relation du maître au savoir. Cette relation non didactique peut parfois s'établir en classe. Quand c'est le cas, il s'agit d'une relation à un savoir qui ne fait pas ou plus l'objet d'un enjeu d'enseignement et d'apprentissage." (Margolinas 1992 p.126)

2013/09/10

Formulation privée

"[Soient] deux interlocuteurs potentiels A et B et un référent partiellement commun Z. [...] J'appelle formulation privée de A envers B relativement à Z, une formulation de A au sujet de Z qui n'est pas portée à la connaissance de B." (Margolinas 1992 p.126)

Formulation publique

"[Soient] deux interlocuteurs potentiels A et B et un référent partiellement commun Z. J'appelle formulation publique de A envers B relativement à Z, une formulation de A au sujet de Z qui est potentiellement portée à la connaissance de B. Le mot potentiellement indique que B n'est pas tenu de s'intéresser à la formulation publique de A, et qu'il pourra donc éventuellement l'ignorer." (Margolinas 1992 p.126)

2013/02/17

Meso-didactique

"J'ai appelé meso-didactique : 'étude de l'évolution des états du système didactique stricto-sensu relatifs à un savoir donné, quand varient les problèmes posés'. [...] Les concepts de ce niveaux d'étude sont ceux de mémoire didactique, de décontextualisation, mais surtout, de situation fondamentale. C'est à ce niveau également qu'il est pertinent de parler de processus de dévolution et d'institutionnalisation." (Margolinas 1992 p.12)

Micro-didactique

"[étude dans ] le cadre micro-didactique : 'étude des états du système didactique stricto-sensu relatifs à un savoir donné et à un problème donné'. [...] Cela veut dire que je m'intéresse aux décisions du maître qui sont prises dans l'instant de la situation didactique." (Margolinas 1992 p.121)

2012/11/23

Phase de conclusion

"J'appelle phase de conclusion la phase au cours de laquelle l'élève accède à une information sur la validité de sa réponse. Cette information doit être pertinente du point de vue du problème et du savoir. La phase de conclusion est sous la responsabilité du maître. [...]
"La phase de conclusion est une phase d'évaluation quand la responsabilité du maître s'exerce sous la forme d'un travail public pour l'élève, relativement au problème et au savoir. [...]
"La phase de conclusion est une phase de validation si l'élève décide lui-même de la validité de sa réponse." (Margolinas 1992 p.128)

2012/08/13

Situation d'énumération

"Une situation est dite 'situation d'énumération' si l'énumération est une condition suffisante de réussite de la tâche à accomplir, même si elle n'est pas une condition nécessaire." ( Margolinas et al. 2015 p.210)

2012/08/02

Système didactique

Au sens de la Théorie anthropologique du didactique (TAD) :
(1) "Un système didactique (SD) comporte un ou des sujets de [l'institution I] qui viennent y occuper une position d'enseignant E, un ou des sujets de I qui viennent y occuper un  position d'élève e, et enfin un objet O appartenant à SI(e), l'ensemble des enjeux didactiques pour I. [...] Pour qu'un SD fonctionne, il faut qu'il se crée un contrat didactique. Mais pour qu'un tel contrat se crée, il faut un point de départ assuré. [...] Des objets O, donc, tels que les rapports institutionnels RI(p,O) (où p=e, E) soient localement stables. En d'autre termes il faut minimalement qu'il existe un milieu." (Chevallard 1992 pp.93-94)
Au sens de la Théorie des situations didactiques (TSD) :
(2) "Le système didactique est composé au minimum de trois éléments : un savoir mathématique particulier, un maître, et un élève. Ce qui définit le maître et l'élève comme tels est le projet du système didactique, qui est de passer d'un état initial à un état final,vis-à-vis d'un savoir." (Margolinas 1992 p.125)
English : Didactic system

 According to the anthropological approach of didactic (TAD)
(2) "A didactic system (DS) includes one or more subjects of I who come and fill a position of teacher T, one or more subject of I who fill a position of pupil pu, and finally an object O belonging to SI(e), which is the set of didactic stakes for I. [...] In order for a DS to function, at any moment -- in relation to the specific time of the DS as an institution -- a set of institutional objects must exist which, for the subjects of the DS, are self-evident. Objects O, therefore, such that the institutional relations RI(p,O) (where p=pu, S) are locally stable. In other words, a milieu must exist." (Chevallard 1992 pp.148-149, 150)

2012/05/16

Variable didactique

(1) "Nous appellerons variables didactiques les variables de commande dont on montrera qu'elles ont un effet important -- qualitatif -- sur les évolutions des procédures" [mises en œuvres par les élèves] (Brousseau 1981 p.68)

(2) "[...] une variable didactique est :
       - un élément de la situation sur laquelle le maître peut agir,
       - qui provoque des changements qualitatifs dans les procédures de 
       résolution des élèves,
       - qui permet d'expliquer des résultats de l'enseignement et d'agir sur eux,
       - et qui provoque une modification dans l'apprentissage."
       (Margolinas 1992 p.129)

English : Didactical variables
“We shall use the term “didactical variables” to designate the command variables which will be shown to have an important qualitative effect on the evolution of the procedures.” (Brousseau 1997 p.178)